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L'ABOLITION DE LA CORRIDA
SIGNIFIE T'ELLE
DISPARITION DE LA BIODIVERSITE ?
(Par Robert Clavijo, Président du Clolbac, membre de la FLAC)

Abolir la corrida, ce serait condamner le taureau de combat à la disparition et donc réduire la biodiversité nous objectent souvent les partisans de la tauromachie.

Pour répondre à cette objection cédons la parole à Pierre DUPUY, grand aficionado devant l'éternel, ancien directeur de la revue "Toros", historien de la corrida, érudit bien connu et auteur de nombreux ouvrages.

Selon Pierre DUPUY, au 19ème siècle coexistaient en Espagne plusieurs races de taureaux
de combat: au Nord la race navarraise, au Sud la race andalouse. Entre les deux, la race jijona de la Mancha, la vieille race morucha de Castille et peut-être les "toros de la tielra".

Sur ces 4 ou 5 races, les bovins andalous passaient pour les meilleurs. Sans aucun souci
de biodiversité, les éleveurs du reste de l'Espagne firent abattre leurs troupeaux pour acheter du bétail andalou.

Au sein de la race andalouse, le bétail de l'éleveur Vistahermosa, réputé le meilleur de
tous, était très recherché. A la mort de cet éleveur ses bêtes, par héritage ou par vente, furent partagées en une demi douzaine de troupeaux. Cette fois encore, sans souci de biodiversité, les éleveurs espagnols de taureaux de combat firent progressivement abattre leur bétail pour acheter des bovins d'origine vistahermosa. Sur les diverses lignées issues de la souche Vistahermosa, celle que possédait l'éleveur Ibarra acquit la réputation la plus flatteuse. Au mépris de la biodiversité, les autres lignées furent mises en extinction. Sur les 4 ramifications issues d'Ibarra (Carvajal, Santa Coloma, Albaserrada et Parladé), parce que cette dernière est la plus réputée, on est en train de laisser disparaître tous les troupeaux qui ne sont pas d'ascendance Parladé.

Selon les calculs de Pierre DUPUY le sang Parladé ne représente que 0.3% (trois
millièmes) du capital génétique qui existait au 19ème siècle. La race "toro bravo" est donc génétiquement sinistrée. Les coupables, ce ne sont pas les anticorridas mais le milieu taurin lui-même qui a perpétré ce génocide (destruction de gènes) pour les besoins du torobusiness. Que les amateurs de banderilles cessent donc de se déguiser en avocats de la biodiversité : ils sont très mal placés pour tenir ce rôle.

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Un Grand Merci à
Sylvie et Michel
     ROCARD
 
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